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LA DAME DE PIQUE

 

 

 

 

LA DAME DE PIQUE

Piotr llyitch Tchaikovski

Dirigé par Tugan Sokhiev, le chef-d'œuvre de Tchaikovski est enfin sur la scène du Théâtre du Capitole avec Vladimir Galouzine, Barbara Haveman, Vladimir Chernov et la grande Raina Kabaivanska.

Au sujet de cette œuvre inclassable, le metteur en scène Arnaud Bernard déclare: « Tchaikovski considérait La Dame de pique comme son chef d'œuvre : il me semble en effet que c'est son œuvre la plus puissante et la plus libre. Une vraie folie, comme peu en existe dans le répertoire, porte cet opéra des premières notes jusqu'à la course à l'abîme finale. Hommage à ce XVIIIe siècle qu'il aimait tant, Tchaikovski pourtant ne s'encombre pas de reconstitution historique et jongle avec virtuosité, avec les styles et les époques. Comme souvent chez lui, les conventions sont présentes, et même tenaces, puis brisées avec éclat - comme c'est le cas dans l'énigmatique pastorale qui est au centre de l'œuvre. Empruntant l'histoire à Pouchkine, Tchaikovski, avec son frère Modeste, la met aux mesures de son propre univers qui est justement celui de la démesure.

Ce n'est pas là de la trahison, c'est bien davantage : tous les artistes russes, qu'ils soient compositeurs ou poètes, ont défini leur art poétique à partir de Pouchkine. Tchaikovski nous livre donc son Pouchkine, bien loin de l'original, mais qui ne ressemble à aucun autre, seulement peut-être aux romans apocalyptiques de Dostoïevski. Cette course effrénée des êtres et des destins, ces anachronismes parfaitement revendiqués ont fait naître chez moi l'idée d'un décor sans cesse mouvant et en quelque sorte indéfini, ou, pour mieux dire, à dimension multiple.»
Pour cette nouvelle production, le Théâtre du Capitole a fait appel au plus grand Hermann de notre temps, Vladimir Galouzine. Alors qu'il travaille depuis un an à l'Opéra de Chambre de Saint-Pétersbourg, il est remarqué par Valéry Gergiev et engagé par le prestigieux Théâtre Kirov, avec lequel il participe à de nombreuses tournées dans le monde entier. Il interprète alors les grands rôles de l'opéra russe: Hermann, Dimitri (Boris Godounov), Sadko (rôle-titre), Grichka Koutjerma (Kitège), Vladimir Igorevitch (Le Prince Igor), le Prince André Khovanski (La Khovanchtchina) et Sergueï (Lady Macbeth de Mzensk), ainsi que certains rôles du répertoire italien: les rôles-titres d'Otello et de Don Carlo, Calaf (Turandot), Radamès (Aida), Cavaradossi (Tosca) et Pinkerton (Madame Butterfly). Toujours avec le Kirov, il fait ses débuts au Metropolitan Opéra de New York avec La Dame de pique et Boris Godounov et enregistre La Khovanchtchina, Sadko, L'Ange de Feu, Le Joueur et Boris Godounov. Le public de l'Opéra de Vienne le découvre également en Hermann tout comme Paris dans la mise en scène de Lev Dodin. Au Capitole, il a interprété Otello et Canio. A ses côtés, Barbara Haveman (Jenufa, Micaela et Donna Elvira au Capitole) chantera sa première Lisa.
Autre début attendu, celui de Vladimir Chernov. Formé à Moscou et à Milan, connu pour ses interprétations au Théâtre Kirov de Saint-Pétersbourg, Vladimir Chernov fait des apparitions importantes lors de la saison de 1989-1990: il est Rodrigo (Don Carlo) à l'Opéra de Los Angeles, Andrei (Guerre et Paix) à l'Opéra de Seattle, Don Carlo (La Force du destin) au Scottish Opéra de Glasgow et Miller (Luisa Miller) à l'Opéra de Rome. La saison suivante, il débute au Covent Garden de Londres dans le rôle de Figaro (Le Barbier de Séville) et au Metropolitan Opéra de New York dans le rôle de Miller, sous la baguette de James Levine. Ses débuts au Metropolitan Opéra marquent le début d'une longue collaboration avec la troupe, et il s'y produit ensuite dans nombre de grands rôles verdiens pour baryton. Il enregistre Le Trouvère (le comte de Luna), Luisa Miller, Don Carlo, Rigoletto (rôle-titre) et Un bal masqué (Renato). Autres moments importants de sa carrière, son interprétation de Ford (Falstaff) à l'Opéra de Vienne sous la direction Seiji Ozawa et au Festival de Salzbourg sous la direction de Sir Georg Solti. Il retourne à l'Opéra de Vienne pour le prince Eletski, sous la baguette de Seiji Ozawa, et apparaît au Metropolitan Opéra dans Eugène Onéguine (rôle-titre).

Journal du Capitole